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La fierté employée : le secret gardé des grandes entreprises

Artopex et Team Factory collaborent pour placer l'humain au cœur de l'entreprise à travers une culture de reconnaissance individuelle.

Martin de Team Factory et Martin Pelletier d'Artopex discutent devant des micros de podcast
30/7/2025

points clés de l'épisode

La collaboration Artopex et Team Factory

Artopex, une entreprise de 45 ans, collabore avec Team Factory (anciennement Apiculture) depuis environ trois ans. Cette collaboration a permis de raffiner la méthode Team Factory grâce aux commentaires des équipes très participatives d'Artopex. L'approche est centrée sur l'idée qu'il n'est pas grave pour un gestionnaire de ne pas aimer gérer l'humain, à condition qu'il sache s'entourer de personnes qui aiment cela, même sans expérience technique préalable.

L'humain au cœur de la performance

La philosophie d'Artopex repose sur le principe de placer « le bon humain sur la bonne chaise », permettant à chacun d'être dans sa « zone de génie ». Contrairement à beaucoup d'organisations où la fierté s'estompe en descendant la hiérarchie, chez Artopex, la fierté est générée sur le plancher de l'usine et remonte vers la direction.

Un aspect marquant est l'obsession de la direction, notamment de Daniel Peltier, de connaître le nom de chacun des 750 employés. Cette reconnaissance individuelle est citée par les employés comme l'une de leurs plus grandes sources de fierté. L'entreprise privilégie l'humain avant la technologie, affirmant que la machine doit supporter l'humain et non l'inverse.

Rétention et connexions profondes

Artopex affiche d'excellents taux de roulement, grâce à la méthode Team Factory et à l'apport des travailleurs étrangers. L'entreprise compte plus de 50 employés actifs ayant plus de 25 ans d'ancienneté, décrits comme étant « tatoués » aux couleurs de l'entreprise.

Pour renforcer les liens, Artopex organise des « dîners des 1 an » où l'on discute des passions personnelles plutôt que du travail. Ces moments permettent des connexions humaines immédiates et profondes, comme lorsqu'un employé a partagé son expérience de lecture de lettres à des prisonniers pour leur donner de l'espoir.

Acquisitions et respect de l'ADN

Lors d'acquisitions, comme celle de l'entreprise Tricot, Artopex évite d'imposer ses valeurs de force. Ils privilégient l'écoute et le respect de l'identité (l'ADN) de l'entreprise acquise. Lors de l'annonce de l'acquisition de Tricot, les employés ont d'ailleurs offert une ovation debout après avoir visionné un film sur l'histoire familiale d'Artopex.

Stratégie et qualités de leadership

Pour être reconnue parmi les entreprises les mieux gérées au Canada, Artopex mise sur une stratégie à long terme (10 ans) et sur une bonne « moyenne au bâton », préférant les coups sûrs réguliers aux coups de circuit risqués. L'entreprise maintient également une culture de « startup » très proactive, notamment en remplaçant instantanément les outils défectueux sur le terrain pour soutenir les travailleurs.

Le leadership chez Artopex se définit par quatre qualités essentielles :

  • La Fierté : Être fier de l'entreprise et de son équipe.
  • L'Humilité : Avoir l'humilité de donner la priorité à l'apprentissage du nom de chaque individu.
  • La Stratégie : Penser comme un entraîneur derrière le banc, en analysant le terrain stratégiquement.
  • Le Courage : Posséder le « bon sens paysan » pour prendre des décisions rapides et agir à court terme pour atteindre des objectifs lointains.

FAQ

Oui, il est tout à fait acceptable qu'un leader reconnaisse ne pas aimer la gestion humaine, à condition d'avoir l'honnêteté de le dire et de s'entourer de personnes qui ont cette passion, même si elles n'ont pas d'expertise technique dans le domaine. L'objectif est de placer le « bon humain sur la bonne chaise » pour que chacun travaille dans sa « zone de génie », ce qui évite de freiner la performance de l'organisation. Un leader doit avant tout posséder de la fierté, de l'humilité, un esprit stratégique et le courage d'agir selon son « bon sens ».

Pour bâtir une culture solide, la direction doit faire une obsession de la reconnaissance individuelle, par exemple en se donnant pour priorité de connaître le nom de chaque employé, peu importe la taille de l'équipe. Il est également essentiel de créer des espaces de discussion sur les passions personnelles en dehors du travail, ce qui génère des connexions humaines immédiates et profondes que les indicateurs de performance (KPI) ne peuvent pas atteindre. Enfin, être proactif pour fournir les meilleurs outils de travail instantanément prouve aux employés qu'ils sont respectés et valorisés.

L'erreur commune est de vouloir imposer ses valeurs « de force » ou de trop standardiser les processus, ce qui peut nuire à la fierté et tuer l'identité qui rendait l'équipe attrayante au départ. La clé est de se mettre en mode écoute et de respecter l'ADN unique de chaque groupe. Une stratégie de croissance réussie repose sur une vision à long terme (par exemple sur 10 ans) et sur une « moyenne au bâton » constante, en privilégiant les succès réguliers plutôt que de tenter uniquement des coups risqués.

Présents durant cet épisode

Martin Delarosbil
Martin Delarosbil
Team Factory
Sophie Breton
Sophie Breton
Team Factory
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